Éducation
Il y a deux ans et demi, le Parti Vert du Québec présentait sa vision à l’aide du schéma suivant :
L’éducation et la démocratie étaient placées au centre de la vision intégrée. L’éducation demeure aujourd’hui un axe d’action prioritaire pour le Parti Vert parce que :
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l’éducation est le meilleur moyen d’assurer le plein épanouissement de chaque être humain,
la richesse d’une société repose sur la contribution de chacun de ses membres et tous ont droit aux services d’éducation qui leur permettront de développer tout leur potentiel. -
l’éducation est le meilleur moyen de lutter contre la pauvreté,
dans une société postindustrielle comme la nôtre, la formation devient un incontournable pour intégrer le marché du travail; l’accès à un travail valorisant et bien rémunéré constitue un des moyens de lutter contre la pauvreté; cet accès passe par la formation. -
l’éducation est le meilleur moyen pour améliorer la santé de la population,
plusieurs études ont démontré que l’investissement en éducation avait un effet direct sur l’état de santé et conséquemment sur les coûts du système de santé; -
l’éducation est un moyen efficace d’augmenter notre productivité dans une perspective de développement durable,
le vieillissement de la population et la réduction de main-d’œuvre disponible nous forceront, afin de maintenir notre niveau de vie, à augmenter notre productivité; or, dans notre société postindustrielle, l’augmentation de la productivité nécessite des travailleurs spécialisés et formés; -
l’éducation est le moyen d’assurer à la société des citoyens avertis et avisés,
la capacité de réfléchir sur sa consommation, de départager les opinions des faits, de critiquer et soutenir consciemment des idées, bref tout ce qui caractérise un citoyen averti et avisé exige un certain niveau d’éducation; -
l’éducation permet de débattre des enjeux et de participer à la vie démocratique,
la capacité de participer au débat collectif, de comprendre les enjeux, de s’engager socialement et politiquement passe par l’acquisition d’une solide formation de base.
Voilà pourquoi le PVQ place l’éducation au cœur de son projet de société.
Les problématiques actuelles
Au niveau primaire et secondaire
- un décrochage scolaire important
- une intégration difficile des élèves avec difficultés d’adaptation et d’apprentissage
- un réseau privé subventionné à 60 % (exceptionnel au Canada)
- un déficit important de démocratie
Les trois premières problématiques semblent, au premier abord, peu reliées, mais dans les faits, elles s’influencent l’une l’autre de manière à certains égards.
Le décrochage scolaire, malgré les améliorations constatées depuis 1979, demeure une préoccupation pour plusieurs. Alors qu’en 1979 plus de 40 % des jeunes de 19 ans n’avait pas de diplôme et ne fréquentait pas l’école, ce pourcentage est de 18% en 2007. De plus, le taux d’obtention d’un premier diplôme atteint en 2007-2008 87,3 % dont 72 % obtenus avant l’âge de 20 ans et 15 % après 20 ans.
Même si notre taux d’obtention d’un premier diplôme se compare avantageusement à la moyenne des pays de l’OCDE parce que plusieurs jeunes raccrochent via l’éducation des adultes, nous devons continuer à lutter contre le décrochage scolaire au secondaire. Le décrochage au secondaire se construit pour la plupart des élèves dès les premières années d’école au primaire; les difficultés d’adaptation et d’apprentissage vécues dès les premières années du primaire provoquent des lacunes en matière de lecture et écriture qui perturbent continuellement le parcours scolaire et concourent à développer une expérience négative de l’école.
Il faut réinventer nos écoles et revoir nos approches pédagogiques afin de faire en sorte que toutes nos écoles soient des milieux de vie dynamiques où il fait bon vivre et apprendre. Certaines écoles réussissent actuellement à créer ce type d’environnement, d’autres pas. Le rôle de l’équipe-école est central et il faut davantage la responsabiliser. Faire de chaque école un milieu responsable libre de développer les approches appropriées pour son milieu, voilà la voie à privilégier. Cette voie entraîne la disparition des commissions scolaires comme structure intermédiaire entre le ministère de l’Éducation et les écoles. Dans ce contexte de responsabilisation de l’école, il faut s’assurer que la direction se consacrera essentiellement à la pédagogie et à la vie de l’école et l’entretien des immeubles serait donc confié aux municipalités qui détiennent déjà cette expertise.
Pour favoriser l’émergence d’une telle école renouvelée, il faut consacrer davantage de ressources aux activités parascolaires; l’école doit être un milieu de vie complet avec des activités moins scolaires mais autant sources d’apprentissage significatifs.
Par ailleurs, il faut valoriser davantage l’éducation et un des moyens (appliqué en Ontario) consiste à porter l’âge de fréquentation scolaire de 16 ans à 18 ans ou l’obtention d’un premier diplôme.
L’intégration importante des élèves en difficultés d’adaptation et d’apprentissage dans les classes régulières alourdit la tâche des enseignants et provoque des effets pervers lorsque la proportion de ces élèves dans les classes devient trop importante. Or au cours des 7 dernières années, cette proportion est passée de 13,5 % à 18,4 %. Cette proportion impose trop d’élèves en difficulté à l’enseignant de classes régulières si bien que ni les élèves sans difficulté ni les élèves en difficulté ne reçoivent des services éducatifs adéquats. Pourquoi une si grande proportion? Une des causes est l’attraction qu’exerce l’école privée subventionnée. En effet, près de 13 % des élèves du primaire et secondaire fréquente une école privée et cette proportion atteint 1 élève sur 5 dans la région de Montréal. Ces écoles recrutent parmi les élèves sans difficulté et même elles recherchent les meilleurs élèves. Si ces élèves fréquentaient l’école publique, le ratio des élèves en difficulté intégrés aux classes régulières serait plus faible.
L’école privée qui est subventionnée à 60 % au Québec n’est pas subventionnée ailleurs au Canada. Cette exception ne se justifie d’aucune manière. Alors que tous s’opposent avec force à un système de santé à deux vitesses, nous tolérons un système d’éducation à deux vitesses.
Le déficit de démocratie constaté au niveau de l’élection des commissaires des commissions scolaires est flagrant; près de 7 commissaires sur 10 sont élus par acclamation les autres sont élus par 8 % des électeurs inscrits. Il n’est plus utile de maintenir cette structure intermédiaire entre le ministère et les écoles. Responsabilisons nos écoles et elles deviendront meilleures.
En conséquence,
Le Parti vert du Québec abolira les subventions accordées aux écoles privées.
Le Part vert du Québec préconise une intervention précoce pour lutter contre le décrochage et investira de manière significative au premier cycle du primaire pour réduire le nombre d’élèves par classe et pour assurer les services aux élèves en difficulté d’adaptation et d’apprentissage
Le Parti vert du Québec investira davantage dans les activités parascolaires (culturelles, sportives, sociales) afin de favoriser l’engagement des élèves dans leur école et leur milieu
Le Parti vert du Québec abolira les commissions scolaires et réorientera les ressources disponibles vers les écoles. Dans ce contexte, la responsabilité de l’entretien des immeubles sera confiée aux municipalités
Le Parti vert du Québec fera des écoles primaires et secondaires du Québec des entités autonomes et responsable (tout en favorisant le regroupement administratif des petites écoles)
Le Parti vert du Québec portera l’âge obligatoire de fréquentation scolaire de 16 ans à 18 ans ou l’obtention d’un premier diplôme.
Au niveau collégial
Le niveau collégial est sans doute celui qui rencontre le moins de difficultés. C’est d’ailleurs le secteur dont on entend peu parler. Deux problématiques se posent cependant : le maintien des cégeps en région et l’accès à la formation à temps partiel pour les adultes.
Les baisses de clientèle actuelles et futures qui touchent les collèges en région et particulièrement ceux des régions ressources sont préoccupantes. Les collèges jouent un rôle important dans les régions du Québec et il est essentiel d’assurer leur survie. Les modes de financement doivent tenir compte de cette réalité. Par ailleurs, l’accueil d’étudiants étrangers peut constituer ne parte de la solution d’autant plus qu’une telle approche pourrait favoriser l‘éventuelle installation d’immigrants dans ces régions.
L’accès à la formation à temps partiel pour les adultes a déjà été très important dans les cégeps du Québec. Depuis plusieurs années, il n’y a presque aucune possibilité de compléter une formation collégiale à temps partiel; des programmes sont offerts à temps plein avec le soutien d’Emploi-Québec mais la formation à temps partiel, lorsqu’elle est disponible, coûte très cher. Les adultes doivent pouvoir se perfectionner et poursuivre leurs études à temps partiel au cégep comme c’est le cas au niveau universitaire.
Le Parti vert du Québec adoptera des règles de financement favorisant le maintien des cégeps dans les régions ressources du Québec.
Le Parti vert du Québec développera un programme visant à attirer des étudiants étrangers dans les collèges situés en région.
Le Parti vert du Québec subventionnera l’offre de formation à temps partiel dans les cégeps.
Au niveau universitaire
Le Québec a toujours voulu favoriser l’accès aux études universitaires et il a cherché à travers le temps à maintenir les frais de scolarité le plus bas possible. Ainsi, les frais de scolarité universitaire sont beaucoup plus bas au Québec qu’ailleurs au Canada : une moyenne de 2 415 $ au Québec versus 5138 $ pour le Canada. Cette situation découle du fait que le Québec a connu deux grandes périodes de gel des droits de scolarité soit de 1969 à 1989 et de 1995 à 2006; ceci a entraîné un transfert de coût d’une génération à une autre, les étudiants des années 90 ayant assumé une hausse importante suite au gel dont ont profité ceux des années 70 et 80. Attiré par la gratuité, le Québec s’est toujours distingué du reste du Canada sans oser aller jusqu’au bout. L’heure des choix est arrivée et le choix de l’accès gratuit aux études universitaires est celui à privilégier.
De plus l’approche québécoise, contrairement à celle d’autres provinces canadiennes, établit des droits de scolarité presque identique quel que soit le secteur disciplinaire; ainsi les droits de scolarité de l’étudiant en médecine couvrent 14 % du coût de sa formation alors que celui en sciences humaines et sociales en couvre 40 %. Pourtant le taux de rendement privé du diplôme en sciences humaines et sociales se situe à environ 9 % alors que celui du diplôme en médecine est de 21 %; le premier génère, par rapport aux revenus de carrière d’un diplômé de cégep, une différence de 327 000 $ et le deuxième une différence de 2 300 000 $. Rappelons-nous que c’est l’ensemble des québécois qui paie à travers leurs impôts l’accès aux études universitaires. Cette situation n’est pas sans soulever des questions en termes d’équités. Il nous faut trouver une mécanique qui, tout en garantissant la gratuité d’accès, tient compte des avantages que constitue le diplôme universitaire : remboursement partiel ou total du coût de la formation lorsque le diplômé accède au marché du travail, impôt supplémentaire étalé dans le temps pour compenser les coûts de la formation, et. La solution reste à trouver mais nous devons y travailler.
Enfin, il est surprenant de constater que la charge d’enseignement d’un enseignant universitaire est généralement de 6 crédits par session dans les universités francophones et d’environ 9 crédits dans les universités anglophones du Québec pourtant les activités de recherche ne sont pas moins nombreuses dans ces dernières. Il y aurait lieu d’étudier cet aspect.
Le Parti vert du Québec changera l’approche en matière de droit de scolarité à l’université en établissant la gratuité au niveau universitaire.
Le Parti vert du Québec étudiera avec les partenaires universitaires les mesures à mettre en place pour que les diplômés sur le marché du travail remboursent en tout ou en partie les coûts de leur formation afin de tenir compte de l’avantage que représente le fait de détenir un diplôme universitaire.
La formation de la main-d’œuvre
La loi favorisant le développement de la main-d’œuvre prévoyait lors de son adoption que toutes les entreprises ayant une masse salariale supérieure à 250 000 $ devaient consacrer 1 % de cette masse salariale à la formation de son personnel. Un nouveau gouvernement libéral a modifié cette loi et l’obligation s’applique uniquement aux entreprises ayant une masse salariale de plus de 1 million $. De 35 000 entreprises visées, il n’en reste qu’environ 10 000. Comme le perfectionnement de la main-d’œuvre est important, il faut corriger cette erreur : il y aurait lieu de reporter le niveau d’assujettissement à la loi au niveau d’une masse salariale de 500 000 $.
Le Parti vert du Québec modifiera la Loi favorisant le développement de la formation de la main-d'œuvre pour y assujettir les entreprises ayant une masse salariale de 500 000 $ et plus.
