Chers membres et sympathisants du Parti vert du Québec,
Notre dernier Congrès national a été l’occasion de démontrer et d’affirmer clairement nos valeurs avant-gardistes afin de préparer l’avenir politique ensemble. Nous avons profité de cette occasion pour nous positionner sur les enjeux qui nous tiennent à cœur parce qu’ils sont prioritaires pour donner aux générations futures un monde plus sain, plus conscientisé et plus démocratique!
Pour assurer la relève au sein de notre comité exécutif et la survie de notre parti, nous avons élu en février dernier six (6) nouveaux membres exécutifs très motivés aux différents postes qui avaient été ouverts en élection. Depuis, j’ai eu la chance de retrouver l’énergie positive des belles années progressives et l’espoir de construire sur de nouvelles bases solides un parti qui prendra sa place dans l’échiquier politique.
Les Verts du Québec ont également décidé au cours de notre dernier congrès de remplacer la position officielle de non-coopération avec d’autres partis statuée en 2006 pour endosser un nouveau processus de coopération stratégique jamais emprunté auparavant par notre parti. À la suite de la perte de confiance et de la démission du chef précédent, un mandat de chefferie intérimaire m’a été confié pour jouer un rôle de rassembleur autour de ce projet de coopération. Déjà, il est possible de rêver à de nouvelles coopérations avec d’autres partis et à une présence accrue aux travaux parlementaires. Avançons, c’est vert!
Faites-moi confiance, je prends mon rôle au sérieux et je ne lâcherai pas prise avant la fin de mon mandat. Il y a déjà une stratégie déployée selon un échéancier précis et des lettres ont été expédiées pour s’ouvrir à une entente historique avec les partis susceptibles de gouverner le Québec après des élections générales. Un contrat politique sera dûment signé avec un des chefs de ces partis, si et seulement si, ce dernier accepte d’effectuer une réforme du système électoral afin d’établir un nouveau mode de scrutin proportionnel mixte à fin compensatoire qui permette aux électeurs de s’exprimer en fonction de leurs propres valeurs prioritaires, sans distorsion démocratique, ni vote stratégique nuisant aux plus petits partis comme le nôtre.
Comme vous le savez, les Verts dans le monde entier ont été élus sur plus d’un millier de sièges parlementaires. À l’échelle nationale ou fédérale, les Verts détenaient en juillet 2011 un total de 296 sièges. Cela comprenait 229 sièges répartis dans 17 pays européens, 22 au Mexique, 14 au Brésil, dix (10) en Australie, neuf (9) en Nouvelle-Zélande, huit (8) en Colombie, deux (2) au Madagascar, une au Canada et un au Tchad. Il y a également 46 députés verts qui occupent des sièges au Parlement européen. Lors des dernières élections nationales en Italie, il y a quelques semaines, deux nouveaux élus verts sont entrés dans leur parlement et les Verts mexicains viennent de coopérer à l’élection d’un gouvernement de coalition qui a été élu majoritaire.
Ici, notre situation est très difficile puisqu’il n’y a eu jusqu’à maintenant que quatre (4) députés verts élus dans des parlements avec un système uninominal majoritaire à un tour. Le premier l’a été en Nouvelle-Zélande (1999), puis en Allemagne, le même député a été élu trois fois (2002, 2005 et 2009), dans le même système archaïque que le nôtre au Royaume-Uni, Caroline Lucas a été élue en 2010 et finalement, ici-même, au Canada, la première et seule élue verte est Élisabeth May en 2011, après trois tentatives dans trois provinces différentes. Elisabeth était déjà une vedette nationale munie d’un talent incomparable; elle fit 18 mois de porte-à-porte avec un budget national payé par le parti qu’elle dirige de main de maître avant de connaître son succès inégalable au Québec. Depuis trop longtemps, notre système électoral prive le Québec de l’écologie politique défendue par les Verts dans le monde!
Afin de remédier à la situation, il nous faut absolument changer le système électoral désuet avec lequel nous sommes pris depuis 1867 au Québec. Pour ce faire, nous devons nécessairement coopérer avec d’autres partis afin de faire basculer les partis dits coopérants et progressistes vers un gouvernement majoritaire qui sera lié par contrat écrit à mettre en œuvre pour une réforme électorale. Il faut laisser au dit gouvernement de coalition nouvellement élu, grâce à nous, le temps nécessaire de modifier les lois électorales inhérentes dans un délai raisonnable de 24 mois.
Donc, si l’Assemblée est dissoute dès que le projet de loi sur la réforme électorale pour une proportionnelle mixte compensatoire est sanctionnée, les premières élections à finalité proportionnelle mixte auraient lieu au plus tard d’ici le printemps ou l’automne 2016, ou au plus tôt, selon la Loi pour une élection à date fixe en octobre 2015.
Au cours de mon mandat, qui se terminera dans une course à la chefferie qui sera lancée au solstice d’été et se terminera à l’équinoxe, soit de juin à septembre, ma priorité sera donc la mise en œuvre de cette coopération stratégique avec d’autres partis et le recrutement de candidats verts crédibles dans toutes les régions. Je veux en arriver à une entente négociée et dûment signée avant les prochaines élections pour garantir un premier élu vert québécois à l’Assemblée nationale. Idéalement, une entente formelle avant l’élection de notre prochain chef à qui j’aimerais confier un contrat politique dûment négocié et signé en accord avec notre conseil national que notre conseil exécutif travaille à faire renaître actuellement.
Les chefs des partis politiques du Québec ont la chance de faire l’histoire ce printemps en travaillant ensemble à une réforme d’un système conçu pour le bipartisme alors que nous sommes rendus avec six partis d’envergure nationale. Ce type de réforme a été adopté en 1899 en Belgique, puis dans la majorité des pays européens au cours des cent dernières années. Une réforme incluant une proportionnelle mixte a été mise en œuvre récemment en Nouvelle-Zélande et elle s’est avérée très concluante. Nous pouvons certes nous en inspirer, personne ne la conteste aujourd’hui. Les deux députés Verts écossais élus dans une proportionnelle mixte, eux aussi, supportent le Scottish National Party (SNP) dans leurs revendications nationalistes et écologistes avant-gardistes.
Nul ne conteste leur réforme électorale! Ni en Allemagne, ni en Australie, encore moins au Brésil ou au Mexique. Les Français veulent même l’instaurer aux élections municipales pour les municipalités de 1500 habitants et plus.
Regardons ce que les nations européennes fondatrices de l’État du Québec ont accompli sur cet enjeu vital jusqu’à maintenant. Elles ont toutes modifiées leur propre mode de scrutin dans leur parlement de type monarchie constitutionnelle britannique, si désuet et dépassé pour une société moderne comme la nôtre. Que ces nations soient française, écossaise ou irlandaise, elles ont toutes déjà franchi le point de bascule vers un système électoral à finalité proportionnelle ne laissant plus l’électeur orphelin de son vote uninominal majoritaire à un tour. Le Québec a la chance de devenir une nation qui se dote enfin d’une représentation proportionnelle permettant de travailler ensemble à un monde plus démocratique, participatif et axé sur le vote des générations futures et leurs valeurs. L’avenir est dans le futur! L’avenir est vert!
Jean Cloutier
Chef intérimaire du Parti vert du Québec Lire la suite de Nouvelle équipe pour coopérer stratégiquement vers une proportionelle