Le Parti vert du Québec dit non au projet de train REM

Ce projet hâtif laisse place à plusieurs zones grises. Les impacts sociaux et environnementaux sont méconnus et on craint déjà une explosion des coûts du projet, qui risque de devenir un fardeau financier pour l’État québécois. Le gouvernement Couillard et l’administration Coderre semblent pousser le projet rapidement, sans penser au développement dans son ensemble et en faisant fi des recommandations soulevées par le BAPE. Quelle est la pertinence d’un outil consultatif public tel que le BAPE si ses recommandations sont balayées du revers de la main en quelques jours à peine?

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Dans l'après-midi du vendredi 20 janvier, quelques heures après l'inauguration de Donald Trump, le gouvernement Couillard a publié les conclusions très critiques du rapport du Bureau d'Audience Publique en Environnement (BAPE) sur le nouveau Réseau électrique métropolitain (REM) proposé par la Caisse de Dépôt et Placement du Québec pour desservir la région métropolitaine de Montréal.

Dans l'après-midi du vendredi 20 janvier, quelques heures après l'inauguration de Donald Trump, le gouvernement Couillard a publié les conclusions très critiques du rapport du Bureau d'Audience Publique en Environnement (BAPE) sur le nouveau Réseau électrique métropolitain (REM) proposé par la Caisse de Dépôt et Placement du Québec pour desservir la région métropolitaine de Montréal.

Le chef du Parti Vert du Québec, Alex Tyrrell, qui a présenté un mémoire au BAPE en 2016, a répondu au rapport de la commission : « Le Parti Vert du Québec est entièrement d'accord avec les commissaires du BAPE qui ont indiqué dans le rapport que la privatisation de ce projet représente un "changement fondamental"  dans le financement du transport en commun. (1) Ce nouveau modèle entraînera une montée en flèche des tarifs, ce qui réduira l'achalandage et encouragera plutôt l'utilisation d'automobiles privées. L'objectif de ces projets devrait être de diriger le plus grand nombre possible de personnes vers les transports en commun, en investissant dans des projets publics bien conçus qui permettront d’effectuer les changements systémiques nécessaires pour lutter contre les changements climatiques et respecter nos obligations internationales en vertu de l'Accord de Paris », affirme Alex Tyrrell.

 « Tout cela sera réalisé au détriment des options de transport en commun existantes. Les commissaires conviennent que certaines personnes perdront leurs liens de transport direct vers le centre-ville et seront forcées de faire un transfert sur cette ligne de train privé pour se rendre à destination. (2) Dans les dernières décennies, le gouvernement provincial a étudié le plan du  Train de l'Ouest, les propositions de doubler les voies sur la ligne des Deux Montagnes ainsi que le projet de construction d'un nouveau réseau ferroviaire léger sur la Rive-Sud passant sur le nouveau pont Champlain. À notre avis, le gouvernement Couillard devrait tenir ses multiples promesses électorales de développer ces projets et maintenir la gestion, l'exploitation et la planification du projet dans le secteur public », conclu M. Tyrrell.

Ce projet hâtif laisse place à plusieurs zones grises. Les impacts sociaux et environnementaux sont méconnus et on craint déjà une explosion des coûts du projet, qui risque de devenir un fardeau financier pour l’État québécois. Le gouvernement Couillard et l’administration Coderre semblent pousser le projet rapidement, sans penser au développement dans son ensemble et en faisant fi des recommandations soulevées par le BAPE. Quelle est la pertinence d’un outil consultatif public tel que le BAPE si ses recommandations sont balayées du revers de la main en quelques jours à peine?

Le Parti vert du Québec supporte un transport en commun gratuit et s’oppose à la privatisation de tout projet de transport collectif. Les considérations sociales et environnementales doivent être au coeur de tout projet de cette envergure. À la lumière de la publication du rapport, une réexamination en profondeur devrait avoir lieu avant de donner le feu vert au projet du REM.

 

Références aux conclusions du rapport du BAPE  « Projet de réseau électrique métropolitain de transport collectif » 

 

  1. « Le modèle de financement proposé par le gouvernement du Québec, en association avec la Caisse de dépôt et placement du Québec, constitue un changement de paradigme en ce qui a trait au financement du transport collectif au Québec. Les réseaux publics de transport collectif actuels ont une mission de service public et ne sont pas généralement soumis à de tels impératifs de rendement financier alors que leur financement est d’abord assuré par l’État québécois et par les municipalités. » Conclusion, p. 215

  2. « Le promoteur compte notamment sur l’abolition de plusieurs parcours d’autobus express et sur une restructuration des services maintenus pour acheminer la clientèle jusqu’aux stations du REM. Ceci aurait pour effet d’imposer de nouvelles correspondances à des usagers qui bénéficient actuellement d’un lien direct vers le centre-ville. » Conclusion, p. 215
Parti Vert du Québec