Au kilomètre 106 du chemin Parent, sur la ligne de front de la résistance autochtone contre le projet de loi 97, Robert Echequan campe sur le bord du chemin pour défendre son territoire familial. Depuis 25 ans, il consacre sa vie à protéger la forêt et à dénoncer l’exploitation abusive des ressources.
C’est en entrevue avec Alex Tyrrell, chef du Parti Vert du Québec, qui s’est rendu camper sur place pour témoigner et offrir son appui, que Robert a partagé son histoire et lancé un appel à la solidarité.
« Je n’arrêterai pas à dire ce que je fais présentement pour garder notre territoire à tout temps. »
Une forêt surexploitée et menacée
Robert dénonce le saccage de la forêt causé par l’industrie. Les arbres coupés sont de plus en plus jeunes, et les essences plantées pour les remplacer n’ont pas la même valeur écologique. Il explique que la faune est touchée de plein fouet : les animaux ne reconnaissent pas ces nouvelles essences et peinent à se nourrir.

« Nos enfants, les futurs enfants, ils n’auront rien pour survivre… Parce que c’est dans 30 ans que les arbres vont avoir grandi, mais ce ne sera pas la même forêt. »
La forêt, rappelle-t-il, est un garde-manger pour sa communauté. Sa destruction met en péril la chasse, la pêche et l’équilibre écologique dont dépendent les générations futures.
Le besoin de soutien et de solidarité
Isolé avec son frère sur le territoire, Robert demande du soutien humain et financier. Il appelle la population à se déplacer, à venir sur le blocus et à contribuer par des dons, précisant que chaque dépense est comptabilisée.
« Je demande beaucoup d’aide… parce qu’on est la seule famille survivante ici dans notre territoire. »

Il insiste : sans renforts, sa lutte risque de s’éteindre, malgré sa détermination à rester « jusqu’à la mort » s’il le faut.
Conseil de bande et gouvernement : un système qui divise
Robert critique sévèrement le gouvernement Legault, qui ne rencontre que les conseils de bande et refuse de consulter les chefs de territoire. Selon lui, ce système, imposé par Ottawa, a pour but d’affaiblir les droits ancestraux.
« C’est nous, les chefs de territoire, qui devons être consultés. Pas le conseil de bande, pas le gouvernement. »
Il affirme que les décisions prises sans consultation réelle accentuent l’abus et le mépris du territoire.

Les blessures du colonialisme
L’entretien prend une tournure intime lorsque Robert évoque son passé. Survivant des pensionnats autochtones, il explique avoir été traité comme un handicapé en raison d’une déficience auditive, ce qui l’a empêché d’apprendre correctement le français.
« J’ai toujours la peur qu’on avait quand on était jeunes. Même nos parents, ils avaient la peur aussi. »
Il revient aussi sur le drame de sa nièce Joyce Echaquan, morte à l’hôpital de Joliette en 2020 dans un contexte de racisme systémique. Robert décrit une perte immense et une absence totale de justice pour ses neuf enfants, toujours laissés sans soutien concret.

Vers une aire protégée Joyce
Malgré les difficultés, Robert poursuit un projet : faire reconnaître son territoire comme une aire protégée, en mémoire de sa nièce Joyce. Le gouvernement, qu’il accuse de racisme systémique, a refusé ce nom et proposé une appellation générique, ce qu’il rejette.
« On voulait appeler ça Aire protégée Joyce. Mais le gouvernement a refusé, ils ne veulent pas. »
Il reste néanmoins déterminé à mener ce projet à terme, convaincu que c’est la meilleure façon d’honorer sa mémoire et de protéger la forêt pour les générations futures.

Une lutte pacifique et déterminée
Robert insiste sur le caractère pacifique de son action. Pour lui, la solidarité entre autochtones et allochtones est essentielle.
« On ne veut pas de violence dans notre blocage. On veut travailler ensemble, pour nos enfants, pour la forêt. »
Fatigué, marqué par les épreuves de vie et même par des problèmes de santé graves, il réaffirme qu’il restera sur le territoire, même l’hiver, et continuera sa lutte sans jamais céder.
L’appui du Parti Vert du Québec
À la fin de l’entretien, Alex Tyrrell a tenu à exprimer l’appui officiel du Parti Vert du Québec à cette lutte.

« Sachez que le Parti Vert du Québec vous appuie dans votre combat. Il est crucial qu’il y ait des gens qui se lèvent comme vous, chaque jour, pour protéger la nature. Vous luttez non seulement pour votre territoire familial, mais aussi pour l’ensemble du Québec et de la planète. »

































