Le Parti Vert du Québec trace une ligne claire sur la laïcité et les libertés civiles, promettant de renverser le projet de loi 21 et s’opposant à l’expansion par le gouvernement de la CAQ des mesures dites de « laïcité ». Au cours d’un épisode de Mentalité verte, le chef du parti, Alex Tyrrell, et la vice-chef, Halimatou Bah, ont soutenu que les lois sur la laïcité du Québec ont largement dépassé la neutralité de l’État et sont maintenant une restriction agressive des droits individuels.
Le projet de loi 21, qui interdit à de nombreux travailleurs du secteur public de porter des symboles religieux, n’était jamais censé être l’étape finale, a déclaré Tyrrell. Au contraire, il a ouvert la porte à une série croissante de mesures visant l’expression religieuse – des prières de rue aux salles de prière dans les écoles et les universités.
« La laïcité de l’État ne signifie pas neutraliser les citoyens. »
— Halimatou Bah
Les deux Verts ont souligné que la laïcité était à l’origine destinée à garantir la neutralité des institutions gouvernementales, et non à contrôler la façon dont les gens s’habillent, prient ou expriment leurs croyances dans les espaces publics. Ils soutiennent que la CAQ a délibérément brouillé cette distinction pour justifier des lois de plus en plus intrusives.
Un problème fabriqué
Un thème central de la discussion était l’obsession du gouvernement pour les soi-disant « prières de rue ». Tyrrell a souligné que ces prières sont rares, brèves et majoritairement contextuelles – se produisant le plus souvent lors de grandes manifestations, y compris les manifestations pro-palestiniennes.
« On nous fait croire que les prières de rue sont partout, alors que le problème n’existe tout simplement pas. »
— Alex Tyrrell
Bah, qui vit au Québec depuis plus d’une décennie, a déclaré n’avoir jamais assisté à des prières de rue spontanées en dehors de ces contextes spécifiques. Présenter ces moments isolés comme une menace pour la cohésion sociale, a-t-elle soutenu, est un choix politique – et non une réponse à une véritable préoccupation publique.
Plus aucun endroit pour prier
En interdisant la prière dans les espaces publics tout en éliminant les salles de prière dans les institutions éducatives, la CAQ laisse effectivement les minorités religieuses sans lieu acceptable pour pratiquer leur foi, ont soutenu les Verts. Les salles de prière, a noté Bah, servent souvent autant d’espaces communautaires que religieux et ne portent pas atteinte aux droits de quiconque.
« Pourquoi la prière dérange, mais pas le yoga, la méditation ou la danse dans l’espace public? »
— Halimatou Bah
Pour les Verts, cette contradiction révèle la véritable nature de l’approche du gouvernement : non pas la neutralité, mais une répression sélective visant les minorités religieuses visibles.
Impact sur les services publics
La discussion a également porté sur les conséquences pratiques du projet de loi 21 et de ses extensions proposées. Bah a fait appel à sa propre expérience dans le système des CPE, où elle a déclaré que les enfants ne sont pas du tout dérangés par le fait que les éducateurs portent des hijabs ou d’autres symboles religieux.
« Les enfants ne voient pas ces différences. Ce sont les adultes qui projettent leurs peurs. »
— Halimatou Bah
Tyrrell a averti que l’extension du projet de loi 21 aux services de garde, à l’éducation et aux soins de santé aggraverait les pénuries de personnel à un moment où le Québec peut le moins se le permettre. Il a cité le manque persistant d’enseignants, d’éducateurs et de travailleurs de la santé comme preuve que les tests de pureté idéologique sapent les services publics essentiels.
Un climat de peur et de division
Les deux intervenants ont lié le projet de loi 21 à un climat politique plus large qui stigmatise les immigrants et les communautés racialisées. Tyrrell a accusé le premier ministre François Legault d’exploiter délibérément les peurs autour de l’immigration et du changement culturel pour consolider son soutien politique, en particulier en dehors de Montréal.
« Le gouvernement cherche à faire peur aux gens pour en tirer un profit politique. »
— Alex Tyrrell
Bah a souligné que ces débats ont des conséquences réelles. Elle a décrit comment les femmes portant des symboles religieux craignent de plus en plus le harcèlement en public, et comment les messages politiques répétés peuvent éroder la confiance dans les institutions censées protéger tout le monde.
Un engagement rare et clair
Tyrrell a contrasté la position du Parti Vert avec celle des autres partis à l’Assemblée nationale. Bien que Québec solidaire et le Parti libéral aient critiqué le projet de loi 21, aucun ne s’est engagé à l’abroger totalement. Le Parti Vert du Québec, a-t-il dit, est le seul parti qui promet un renversement total.
« Nous sommes le seul parti qui dit clairement que nous allons renverser la loi 21. »
— Alex Tyrrell
Pour les Verts, défendre la liberté de religion et d’expression n’est pas une question clivante mais un principe démocratique fondamental. Ils rejettent l’idée que la paix sociale nécessite le sacrifice des droits des minorités.
Une vision différente du Québec
Bah a conclu en rejetant l’idée que les valeurs québécoises sont fixes, fragiles ou incompatibles avec la diversité. Les valeurs, a-t-elle dit, évoluent – et l’inclusion, la dignité et la solidarité devraient être au cœur de celles-ci.
« Tout le monde veut simplement vivre en paix, se loger, manger à sa faim et être soi-même. »
— Halimatou Bah
Alors que la CAQ continue d’élargir son programme de laïcité, le Parti Vert du Québec se positionne comme le défenseur le plus intransigeant des libertés civiles dans la province – contestant ouvertement le projet de loi 21 et la politique de peur qui l’entoure.
































