Montréal — Le chef du Parti vert du Québec, Alex Tyrrell, appelle le Canada à défier ouvertement les menaces commerciales de Donald Trump et à venir en aide à Cuba, alors que l’île fait face à une crise énergétique et humanitaire imminente.
Dans une déclaration transmise vendredi, Tyrrell indique avoir rencontré plus tôt dans la journée Susana Malmierca Benítez, consule générale de Cuba au consulat cubain de Montréal. Quelques heures avant cette rencontre, l’administration Trump annonçait son intention d’imposer des tarifs punitifs à tout pays vendant du pétrole à Cuba — une décision qui, selon Tyrrell, vise à étendre le blocus américain bien au-delà des frontières des États-Unis.
Selon les informations relayées par le chef du Parti vert du Québec, aucune cargaison de pétrole n’est actuellement en route vers Cuba. Le pays disposerait de moins de deux semaines de réserves énergétiques, alors qu’il subissait déjà des pénuries, des pannes d’électricité récurrentes et une insécurité alimentaire accrue. La fin des livraisons en provenance du Venezuela, ancien principal fournisseur, aurait aggravé la situation.
Tyrrell affirme que ces pressions économiques constituent une tentative délibérée « d’affamer le peuple cubain pour le retourner contre son propre gouvernement », qualifiant la stratégie de génocidaire. Il soutient que les sanctions américaines cherchent avant tout à imposer le capitalisme à un pays qui, depuis des décennies, résiste à l’hégémonie américaine.
Le chef écologiste dit avoir visité Cuba à l’automne dernier et avoir été témoin de coupures d’électricité fréquentes ainsi que de graves pénuries de médicaments, de nourriture et de biens essentiels. L’inflation galopante et l’effondrement du tourisme pendant la pandémie de COVID-19 ont, selon lui, réduit drastiquement l’entrée de devises étrangères. « Ces difficultés ne sont pas le résultat de décisions internes, mais bien de sanctions américaines destinées à punir Cuba pour son choix du communisme », affirme-t-il.
Rappelant les liens étroits entre Ottawa et La Havane, Tyrrell souligne que près d’un million de Canadiens visitent Cuba chaque année. « Les Canadiens utilisent ses services touristiques, consomment ses ressources et profitent de sa culture. Cette relation crée une responsabilité particulière », avance-t-il.
Dans ce contexte, il presse le gouvernement du Canada d’envoyer sans délai du pétrole, des aliments, des médicaments et d’autres fournitures essentielles à Cuba, et ce, malgré les menaces de représailles américaines. Il invoque des raisons humanitaires, mais aussi un devoir de solidarité et de leadership international.
Tyrrell fait également référence aux propos tenus récemment par Mark Carney à Davos, selon lesquels les puissances moyennes doivent s’unir pour contrebalancer l’influence américaine. « Le moment est venu de traduire ces paroles en actions concrètes », soutient-il.
À ses yeux, le Canada pourrait jouer un rôle clé en brisant ce qu’il décrit comme un « nouveau blocus par la menace tarifaire ». Refuser d’agir, prévient-il, reviendrait à se rendre complice des conséquences humanitaires qui pourraient s’ensuivre. « Nous devons aider Cuba maintenant », conclut-il, appelant Ottawa à défier Washington et à tendre la main au peuple cubain.































