À la toute fin du mandat du premier ministre François Legault, l’Assemblée nationale du Québec a adopté une nouvelle série de mesures controversées visant les minorités religieuses. Une fois de plus, le gouvernement a eu recours à la clause dérogatoire, suspendant ainsi des libertés protégées par les chartes.

Désormais, il est illégal de prier dans les rues et dans les parcs. Les étudiants ne pourront plus non plus prier dans des espaces désignés au sein des cégeps et des universités. Cette décision fait suite à une campagne de dénonciation menée notamment par des médias comme Rebel News et certains commentateurs de droite, qui ont critiqué les prières rapides effectuées lors de manifestations pro-palestiniennes. Ces rassemblements durent souvent plusieurs heures, et certaines personnes prennent environ une minute pour prier à mi-parcours.

La loi prévoit également le congédiement des travailleuses en garderie portant le hijab, et ce, malgré une pénurie importante de personnel et de longues listes d’attente qui empêchent de nombreux parents — en majorité des femmes — de retourner sur le marché du travail. Par ailleurs, les femmes portant le niqab se verront refuser l’accès aux études collégiales et universitaires.

Ces mesures ne constituent pas une première. Le gouvernement avait déjà congédié des enseignantes du primaire et du secondaire portant le hijab, la même année où il reconnaissait une pénurie d’enseignants et embauchait du personnel non qualifié.

« La lutte pour les droits des minorités continue, et nous serons en première ligne pour nous opposer au nationalisme de droite sous toutes ses formes », affirme Alex Tyrrell, chef du Parti vert du Québec.

Dans ce contexte, plusieurs s’inquiètent de la suite, alors que le Parti québécois progresse dans les intentions de vote et promet des politiques plus dures, incluant des déportations massives.

Le Parti vert du Québec s’oppose fermement à cette loi et à toutes celles qui suspendent les droits et libertés fondamentaux garantis par la Charte canadienne des droits et libertés ainsi que par la Charte québécoise des droits et libertés de la personne. Le parti espère que la cause actuellement devant la Cour suprême du Canada permettra de limiter l’utilisation de la clause dérogatoire.