Une manifestation contre le racisme systémique au sein du Service de police de la Ville de Montréal s’est tenue à Montréal-Nord, devant le poste de quartier 39, avant de se terminer sur les lieux où Freddy Villanueva a perdu la vie en 2008.
Présent sur place, Alex Tyrrell, chef du Parti Vert du Québec, a documenté la mobilisation en vidéo et pris la parole pour dénoncer les problèmes persistants de racisme systémique au sein du SPVM. Il réclame notamment la tenue d’une enquête publique afin de faire toute la lumière sur les pratiques policières à Montréal-Nord et sur les nombreuses allégations visant des membres du poste de quartier 39.
Selon lui, il est essentiel de se tenir debout aux côtés des communautés noires et arabes, qui sont trop souvent victimes de profilage racial, de discrimination et d’interventions policières disproportionnées.
« Nous devons écouter les personnes directement touchées, reconnaître leur vécu et exiger des changements profonds. La population mérite une police transparente, responsable et exempte de racisme systémique », a-t-il déclaré.
Une forte solidarité dans les rues de Montréal-Nord
La manifestation s’est déroulée dans une ambiance à la fois tendue, déterminée et profondément solidaire. Tout au long du parcours dans les quartiers diversifiés de Montréal-Nord, plusieurs citoyens sont sortis sur leurs balcons pour encourager les manifestants, levant le poing en signe d’appui.
Ces gestes ont donné lieu à des moments de solidarité particulièrement marquants entre les résidents et les personnes mobilisées.
À plusieurs reprises, des manifestants se sont mis à genoux devant les policiers, le poing levé, afin d’exprimer leur colère, leur déception, mais également leur détermination à obtenir justice pour les victimes du racisme et de la violence policière.
La marche s’est finalement terminée sur les lieux du décès de Freddy Villanueva. Le jeune homme de 18 ans avait été tué par un policier à Montréal-Nord, un événement devenu un symbole des tensions entre la police et les communautés racisées.
Une présence policière jugée démesurée
Des centaines de policiers avaient été déployés pour encadrer la manifestation. Les agents semblaient même être plus nombreux que les manifestants.
Cette mobilisation policière massive contraste, selon lui, avec les compressions imposées dans plusieurs services et programmes sociaux.
« Les gouvernements coupent dans les programmes sociaux pour augmenter les budgets policiers. Cette manifestation nous a permis de voir concrètement l’ampleur des effectifs et des ressources accordées à la police », a-t-il affirmé.
La tension était perceptible dès le début du rassemblement. Avant même le départ de la marche, des policiers à vélo ont tenté de repousser certaines personnes et de déplacer la foule, sans raison apparente selon plusieurs participants.
Durant la manifestation, l’escouade antiémeute s’est également déployée à plusieurs reprises. À un certain moment, les policiers ont bloqué le chemin des manifestants. Ceux-ci ont néanmoins poursuivi leur mobilisation pacifiquement et ont finalement pu continuer leur parcours.
Malgré ces tensions, la manifestation s’est terminée sans incident majeur, sans contre-manifestation et sans affrontement.
Une demande d’enquête publique
Pour le Parti Vert du Québec, les allégations de racisme visant des policiers du poste de quartier 39 ne peuvent pas être traitées comme de simples incidents isolés. Elles doivent faire l’objet d’une enquête publique, indépendante et transparente.
Une telle enquête devrait permettre d’entendre les victimes, les membres des communautés concernées, les organismes communautaires et les policiers, en plus d’examiner les mécanismes internes du SPVM.
Alex Tyrrell soutient que les enquêtes internes et les procédures disciplinaires menées derrière des portes closes ne suffisent plus à rétablir la confiance du public.
« Les communautés noires et arabes de Montréal-Nord ont droit à la justice, au respect et à la sécurité. Elles ne devraient jamais avoir à craindre les personnes qui sont censées les protéger. Il faut mettre fin au racisme systémique au sein du SPVM et obtenir une véritable reddition de comptes », a-t-il conclu.
Pour les organisateurs et les participants, cette mobilisation représentait un moment fort et une mission accomplie. La manifestation a permis de rappeler que la lutte contre le racisme policier demeure plus que jamais nécessaire à Montréal.


























