MONTRÉAL-NORD — Des citoyens et des militants se sont rassemblés devant le poste de quartier 39 du Service de police de la Ville de Montréal afin de dénoncer des comportements racistes récemment exposés au sein de cette unité et, plus largement, le profilage racial dans les forces de l’ordre.

Présent à la manifestation, Alex Tyrrell a réitéré la demande du Parti Vert du Québec pour la tenue d’une enquête publique indépendante sur le racisme systémique au SPVM.

« Beaucoup de personnes sont rassemblées ici pour dénoncer les comportements des policiers concernés, mais aussi le problème systémique de racisme au sein du SPVM », a-t-il déclaré devant le poste de quartier.

Selon le parti, les révélations concernant le poste 39 ne doivent pas être traitées comme une série d’incidents isolés. Elles doivent plutôt mener à un examen public des pratiques, de la culture interne, de la supervision et des mécanismes disciplinaires de la police montréalaise.

« J’ai demandé aux autres responsables politiques d’appuyer une enquête publique sur le racisme au SPVM. Il faut faire toute la lumière sur ce qui se passe et mettre fin à l’impunité », a-t-il affirmé.

Solidarité avec les communautés ciblées

Le rassemblement visait également à exprimer un appui aux communautés noires et arabes de Montréal-Nord, qui dénoncent depuis longtemps le profilage racial, les contrôles policiers disproportionnés et les interventions abusives.

« Il est très important que tout le monde se tienne debout en solidarité avec les communautés noires et les communautés arabes qui font l’objet de profilage et d’abus de la part du SPVM », a soutenu Alex Tyrrell.

Le Parti Vert du Québec estime que ces pratiques contribuent à détériorer profondément la confiance entre la population et les forces de l’ordre. Elles peuvent aussi avoir des conséquences graves lorsque les contrôles dégénèrent en interventions violentes.

« Ces abus peuvent être violents et parfois même mener à la mort. Le racisme policier ne peut pas être minimisé ou présenté comme un simple problème de communication », a-t-il ajouté.

La mémoire de Fredy Villanueva

La manifestation s’est déroulée dans un quartier encore marqué par la mort de Fredy Villanueva, tué par un policier du SPVM en 2008 alors qu’il avait 18 ans.

Son décès avait provoqué une importante mobilisation contre le profilage racial et la violence policière à Montréal-Nord. Plus d’une décennie plus tard, son nom demeure un symbole pour les citoyens qui réclament une réforme en profondeur des pratiques policières.

« La mort de Fredy Villanueva reste profondément ancrée dans la mémoire de ce quartier. Nous devons continuer à dénoncer les systèmes et les pratiques qui rendent de tels drames possibles », a déclaré le chef du parti.

Une présence policière surveillée de près

Au moment de son intervention, le rassemblement demeurait pacifique. Alex Tyrrell a toutefois affirmé que des policiers s’approchaient progressivement de la foule et avaient demandé aux manifestants de se déplacer.

« Jusqu’à présent, la manifestation est cordiale. Mais la police s’approche de plus en plus et demande aux gens de se déplacer sans raison claire. Il faut éviter que les forces de l’ordre provoquent inutilement des tensions », a-t-il observé.

Le Parti Vert du Québec défend le droit de manifester pacifiquement et demande aux autorités policières de respecter les participants, particulièrement lorsqu’un rassemblement porte précisément sur les comportements de la police.

Le parti réclame une enquête publique indépendante, davantage de transparence dans les processus disciplinaires et des mesures concrètes pour mettre fin au profilage racial au SPVM.

« Tout le monde doit dénoncer le racisme policier. Le silence et les demi-mesures ne suffisent plus », a conclu Alex Tyrrell.