Alors que des millions de personnes peinent à payer leur logement, leur épicerie et leurs autres dépenses essentielles, le gouvernement fédéral de Mark Carney s’engage dans ce qui pourrait devenir le plus important contrat militaire de l’histoire canadienne : l’acquisition de jusqu’à 12 nouveaux sous-marins.

Le gouvernement canadien a choisi l’entreprise allemande ThyssenKrupp Marine Systems comme fournisseur privilégié. Le prix final n’a pas encore été dévoilé puisque les négociations contractuelles doivent se poursuivre, mais Ottawa reconnaît que le projet représentera des dizaines de milliards de dollars. Certaines estimations, lorsqu’on inclut l’acquisition, l’entretien et l’exploitation à long terme de la flotte, évoquent une facture pouvant approcher les 100 milliards de dollars.

Pour le Parti Vert du Québec, ces sommes devraient plutôt servir à répondre aux crises sociales et environnementales qui frappent directement la population.

Des milliards pour l’armée pendant que les services publics s’effondrent

Les Québécois et les Canadiens attendent pendant des heures dans les urgences. Des élèves fréquentent des classes sans personnel enseignant qualifié. Des familles doivent choisir entre payer le loyer et acheter suffisamment de nourriture. L’itinérance augmente et les campements se multiplient dans plusieurs villes.

Malgré cette situation, le gouvernement Carney choisit d’accorder une part toujours plus importante des ressources publiques à l’achat d’armes et d’équipements militaires.

Si le coût total du projet atteignait 100 milliards de dollars, cela représenterait environ 2 400 $ par personne au Canada, soit près de 10 000 $ pour une famille de quatre. Ce calcul illustre l’ampleur des ressources collectives qui pourraient être détournées des logements sociaux, des hôpitaux, des écoles, de la lutte contre les changements climatiques et des mesures visant à réduire le coût de la vie.

Les dépenses militaires ne sont pas abstraites. Chaque milliard consacré à l’armement est un milliard qui ne sert pas à répondre aux besoins urgents de la population.

Une flotte actuelle marquée par les problèmes

Les nouveaux appareils doivent remplacer les quatre sous-marins de la classe Victoria actuellement détenus par la Marine royale canadienne. Achetés au Royaume-Uni à la fin des années 1990, ces bâtiments vieillissants doivent être retirés du service vers le milieu ou la fin des années 2030.

L’histoire de cette flotte devrait pourtant inciter le gouvernement à la prudence. En 2004, un incendie s’est déclaré à bord du NCSM Chicoutimi pendant sa traversée de l’Atlantique, causant la mort du lieutenant Chris Saunders. Depuis leur acquisition, les sous-marins de la classe Victoria ont connu de nombreux problèmes techniques et de longues périodes d’indisponibilité.

Le Parti Vert du Québec refuse que le gouvernement reproduise les erreurs des grands projets militaires du passé, dont les coûts augmentent souvent bien au-delà des premières projections.

Une politique étrangère fondée sur l’escalade

Le projet de sous-marins s’inscrit dans une augmentation beaucoup plus large des dépenses militaires canadiennes. Le gouvernement présente cette orientation comme une manière de protéger l’Arctique, de renforcer la souveraineté canadienne et de remplir ses engagements envers l’OTAN.

Le Parti Vert du Québec considère toutefois que la sécurité ne peut pas être réduite à l’accumulation d’armes. La véritable sécurité passe aussi par des logements accessibles, des systèmes de santé et d’éducation fonctionnels, la protection de l’environnement, la résilience climatique et une diplomatie capable de prévenir les conflits.

Le gouvernement Carney intensifie également sa coopération militaire avec l’Ukraine, notamment dans le domaine de la fabrication de drones et des technologies de défense. Le Canada et l’Ukraine ont conclu une entente visant à développer leur production commune de drones, dans le cadre d’investissements fédéraux consacrés aux drones, aux systèmes antidrones et à la guerre électronique.

Le Parti Vert du Québec s’oppose à cette logique d’escalade permanente. Le Canada devrait utiliser son influence pour favoriser les négociations, la désescalade et une paix durable plutôt que pour prolonger les conflits en augmentant continuellement les livraisons d’armes.

Investir dans la population plutôt que dans la guerre

Le Québec n’a aucun intérêt à voir ses impôts fédéraux engloutis dans un projet militaire de plusieurs dizaines de milliards de dollars qui ne réduira ni le coût des loyers, ni les files d’attente dans les hôpitaux, ni la pénurie de personnel dans les écoles.

Ces sommes permettraient de construire massivement des logements publics et coopératifs, d’améliorer les services de santé, de soutenir les écoles, de développer le transport collectif et de financer une véritable transition écologique.

Le Parti Vert du Québec continuera de dénoncer les priorités militaires du gouvernement Carney et de défendre une autre vision de la sécurité : une sécurité fondée sur la paix, la justice sociale, la coopération internationale et la protection de l’environnement.

Non à la course aux armements. Non à la guerre. Oui à la paix, à l’environnement et à la solidarité sociale.

Alex Tyrrell
Chef du Parti Vert du Québec