MONTRÉAL — Le chef du Parti Vert du Québec, Alex Tyrrell, dénonce l’ouverture manifestée par la première ministre Christine Fréchette envers un éventuel projet d’oléoduc traversant le Québec. Il y voit un important recul environnemental de la Coalition avenir Québec et un rapprochement avec les positions défendues par l’industrie pétrolière.
Le débat a été relancé après la présentation du Corridor énergétique du Bouclier Nord, aussi appelé Northern Shield, par les gouvernements de l’Alberta et de l’Ontario. Le tracé initialement proposé s’étendrait sur environ 3 300 kilomètres, de Hardisty, en Alberta, jusqu’au complexe pétrochimique de Sarnia, en Ontario. Une éventuelle prolongation permettant d’acheminer le pétrole vers l’est, en passant par le Québec, fait toutefois partie du débat politique. Christine Fréchette a indiqué qu’elle serait disposée à analyser un projet concret s’il lui était présenté. (Journal de Québec)
« Je suis très surpris de voir Mme Fréchette aller dans le sens des oléoducs. Le mouvement écologiste a travaillé très fort pendant des années pour démontrer les conséquences de ces projets et plusieurs ont finalement été abandonnés », a déclaré Alex Tyrrell lors d’une entrevue.
Un virage vers les politiques pétrolières
Alex Tyrrell estime que cette nouvelle position témoigne de la montée de la droite pétrolière au Québec. Il croit notamment que le gouvernement caquiste subit une pression politique croissante de la part du Parti conservateur du Québec, qui défend depuis longtemps le développement des infrastructures pétrolières.« Ces oléoducs ne serviraient pas les intérêts de la population québécoise. Ils serviraient principalement à exporter le pétrole de l’Ouest canadien sur les marchés internationaux », affirme-t-il.
Des risques de fuite sur des milliers de kilomètres
Pour le chef du Parti Vert du Québec, les conséquences environnementales d’un nouveau pipeline seraient nombreuses. Une infrastructure s’étendant sur plusieurs milliers de kilomètres traverserait un grand nombre de rivières, de milieux humides, de terres agricoles et de territoires habités. Même avec des mécanismes de surveillance, le risque de fuite ou de déversement ne pourrait jamais être complètement éliminé.« Lorsqu’on construit un pipeline de cette longueur, les risques sont sérieux. Une fuite pourrait contaminer des cours d’eau, des sols et des sources d’eau potable », prévient Alex Tyrrell.
Alex Tyrrell témoigne de sa visite à Fort McMurray
« En entrant dans la ville, on pouvait sentir le pétrole dans l’air. À proximité des installations industrielles, l’odeur d’huile et de produits chimiques était tellement forte que nous avons dû porter des masques à cartouches », raconte-t-il.
« Ce sont des emplois payants, mais cela ne signifie pas nécessairement qu’il s’agit de bons emplois. Nous pouvons créer des emplois syndiqués et bien rémunérés dans des secteurs qui améliorent la qualité de vie plutôt que de détruire l’environnement », soutient-il.
Investir dans le transport collectif plutôt que dans le pétrole
Alex Tyrrell craint également qu’un projet d’une telle ampleur ne puisse être réalisé sans un important soutien financier public. Selon lui, les contribuables ne devraient pas être appelés à financer une infrastructure destinée à faciliter l’exportation du pétrole produit par des entreprises privées. Le Parti Vert du Québec propose plutôt d’investir ces sommes et cette capacité industrielle dans le transport collectif, l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables et la réduction de la dépendance aux combustibles fossiles.« Au lieu de construire un oléoduc, nous pourrions construire du transport collectif et accélérer la transition énergétique. L’argent, la main-d’œuvre et les ressources consacrés au pipeline ne pourront pas être utilisés pour ces projets essentiels », explique Alex Tyrrell.































