MONTRÉAL, le 29 août 2026 — Entouré de candidats et de membres du Parti Vert du Québec réunis au quartier général du parti, Alex Tyrrell a officiellement lancé samedi la 11e campagne électorale du PVQ. Dans un discours axé sur la crise du coût de la vie, l’environnement, les services publics, la paix et la justice sociale, le chef du parti a présenté le PVQ comme une opposition écosocialiste au statu quo politique et économique québécois.
« Depuis près de 45 ans, le Parti Vert du Québec rassemble les gens passionnés pour remettre en question le statu quo au Québec en offrant une alternative forte, crédible, réfléchie et documentée », a déclaré Alex Tyrrell. « Depuis la fondation du parti, nous avons toujours défendu les mêmes valeurs : la paix, la justice sociale, l’environnement, le respect de la diversité et un filet social où personne n’est laissé sur la marge. »
Une campagne centrée sur le coût de la vie et les services publics
Alex Tyrrell a consacré une partie importante de son discours à la situation économique des Québécois, dénonçant un système dans lequel de nombreuses personnes travaillent à temps plein sans parvenir à payer convenablement leur logement, leur alimentation, leurs déplacements et leurs soins de santé. Il a accusé les gouvernements successifs d’avoir privilégié les intérêts des grandes entreprises, des propriétaires, des spéculateurs et des monopoles au détriment de la classe moyenne et des personnes à faible revenu.
« Le Québec va mal. Très mal. Et pourtant, les Québécois travaillent fort. Nous nous levons chaque matin pour travailler, étudier et prendre soin les uns des autres », a-t-il déclaré. « Le Parti Vert du Québec propose de remettre les citoyens ordinaires, le 99 %, au cœur des actions gouvernementales. »
Parmi ses principales propositions, le Parti Vert entend réduire les loyers de 20 % sur quatre ans et permettre aux locataires d’exproprier leurs propriétaires afin de transformer leurs immeubles en coopératives. Le parti propose également de créer un réseau de 250 épiceries publiques accompagné d’une chaîne publique de distribution allant de l’agriculteur à l’assiette afin de réduire les prix, soutenir la production locale et diminuer le gaspillage alimentaire. Le PVQ veut aussi rendre le transport en commun rapide, efficace et gratuit partout où des réseaux sont disponibles, tout en investissant massivement dans leur développement.
Protéger l’environnement plutôt que financer l’extractivisme
Le chef du PVQ a vivement dénoncé la volonté des gouvernements de relancer des projets extractivistes, pétroliers et gaziers. Il est notamment revenu sur sa récente visite à Lac-des-Plages et à Duhamel, dans l’Outaouais, où un projet de mine de graphite menace, selon lui, une montagne, plusieurs lacs et un bassin versant.
« Ils voudraient sacrifier une montagne, trois lacs et un bassin versant pour faire du cash », a-t-il lancé, soulignant également l’investissement de l’armée américaine dans le projet. Il a mis en garde contre un éventuel retour des projets d’oléoducs, des gaz de schiste et des forages pétroliers au Québec.
Le Parti Vert propose plutôt de renforcer considérablement le ministère de l’Environnement, de renverser les compressions qui l’ont affaibli et d’adopter une loi-cadre sur l’accès à l’eau afin de permettre à davantage de Québécois de profiter des lacs et des rivières actuellement difficiles d’accès en raison de la privatisation des rives.
Défendre les services publics, la diversité et les droits
Alex Tyrrell a également dénoncé la détérioration des systèmes de santé et d’éducation, affirmant que l’État québécois est en train de « renier son contrat social avec la population ». Il a évoqué les pénuries d’enseignants, les attentes aux urgences, le manque de places en CHSLD et l’insuffisance des soins à domicile.
Le chef du PVQ s’est aussi attaqué au discours politique entourant l’immigration et les minorités, qu’il considère comme une diversion face aux problèmes économiques. Il a accusé certains médias et partis politiques d’alimenter les divisions culturelles plutôt que de s’attaquer au coût de la vie et aux inégalités.
Revenant sur les révélations concernant des policiers à Montréal-Nord qui auraient collectionné des cheveux prélevés sur des hommes noirs, Alex Tyrrell a réclamé la mise en place d’enquêtes publiques, externes et indépendantes sur les comportements policiers. Le Parti Vert propose une politique de tolérance zéro envers les comportements racistes dans les forces de l’ordre et l’ensemble des services publics.
« Nous ne sommes pas obligés d’accepter le racisme et, contrairement aux autres, nous n’allons pas le laisser passer », a-t-il déclaré.
La paix au cœur du programme vert
La politique étrangère et le désarmement occupent également une place importante dans la campagne du Parti Vert. Alex Tyrrell a dénoncé l’augmentation des dépenses militaires et le projet d’accueillir à Montréal une institution financière liée à l’OTAN. Il propose plutôt de réaffecter les dépenses militaires vers le logement et les services publics.
Le PVQ souhaite notamment fermer les usines d’armement, quitter l’OTAN, rompre les liens avec l’État d’Israël et faire du Québec une voix diplomatique davantage axée sur la paix, la coopération environnementale et le commerce éthique.
« Nous sommes la voix de la paix et du désarmement », a déclaré Alex Tyrrell. « Nous sommes ici pour représenter tous ceux et celles qui en ont marre de la bourgeoisie et de la dégradation de notre environnement et de nos services sociaux. »
Réconciliation, logement et démocratie
Alex Tyrrell a également présenté plusieurs autres engagements de la plateforme électorale, notamment l’électricité gratuite pour les Autochtones et leurs communautés. Il a évoqué sa visite passée dans la communauté anishnabée de Lac-Barrière, où des résidents vivent toujours sans raccordement au réseau électrique malgré les impacts de l’exploitation hydroélectrique sur leur territoire ancestral.
Le parti propose aussi de garantir l’accès à un logement abordable aux femmes qui fuient la violence conjugale, de renforcer les mesures contre les féminicides et la violence, d’interdire le lobbyisme secret et les rencontres à huis clos entre ministres et dirigeants d’entreprises, de renforcer le système de santé, de revaloriser l’éducation et de réduire l’utilisation des pesticides.
« Nous sommes plus qu’un petit parti vert mignon »
Pour conclure son lancement de campagne, Alex Tyrrell a insisté sur la volonté du Parti Vert de mener une campagne fondée sur ses idées plutôt que sur des personnalités politiques, tout en reconnaissant les difficultés auxquelles les petits partis font face pour obtenir une couverture médiatique et participer aux grands débats électoraux.
« Nous sommes plus qu’un petit parti vert mignon. Nous sommes les porteurs du changement. Nous sommes l’opposition au statu quo », a-t-il lancé. « Nous sommes le parti de la paix, de la classe ouvrière et de la classe moyenne. »
À un peu plus d’un mois du scrutin provincial du 5 octobre, Alex Tyrrell a appelé les Québécois qui souhaitent rompre avec le statu quo à appuyer les candidats verts partout au Québec.
« Voter pour le Parti Vert du Québec, c’est un geste fort qui sort des sentiers battus. C’est un geste pour l’environnement. C’est un geste pour la paix. C’est un geste pour la justice sociale », a-t-il conclu. « Chaque vote compte. Chaque geste politique contre le système compte. Vive le Québec, vive l’environnement, vive la justice sociale et vive la paix. »































